(Janvier 12, 2026) À 21 ans, l'avenir d'Aman Rao Perala, originaire d'Hyderabad, a pris un tournant décisif, non seulement grâce à sa forme physique et à sa forme athlétique, mais aussi grâce à une décision concernant sa citoyenneté qu'il ne pouvait plus reporter. Né dans le Wisconsin et citoyen américain de naissance, il a passé une grande partie de l'année précédente à attendre la confirmation de sa citoyenneté indienne, suite à une modification du règlement de la BCCI rendant obligatoire le passeport indien pour le cricket national. La procédure s'est éternisée pendant près de douze mois, menaçant de compromettre toute une saison de cricket à balles blanches, alors même que sa carrière commençait à décoller. « C'était une attente angoissante », a admis Aman plus tard, pleinement conscient qu'une simple formalité administrative pouvait anéantir des années de préparation. L'autorisation est finalement arrivée deux jours seulement avant le début du Trophée Syed Mushtaq Ali, prévu en novembre 2025, soit au dernier moment.
Pour sa famille, ce retard a provoqué des discussions difficiles. Son père lui a suggéré d'envisager un retour aux États-Unis, où son frère aîné était installé et où le cricket connaissait un essor constant. Cette alternative promettait stabilité et temps. Aman a fait un autre choix. Il a décidé de rester en Inde et de continuer à suivre le cricket sur son territoire, acceptant l'incertitude que cela impliquait. Cette décision a failli lui coûter la saison, mais elle a aussi marqué un tournant, confirmant son engagement et, peu après, déterminant le cours de sa carrière.

Racines, rejets et rester prêt
Aman était arrivé en Inde à l'âge de six mois et avait grandi au Telangana après que son père, informaticien, eut ramené la famille dans son pays d'origine. Le cricket est entré dans sa vie par hasard, lorsqu'il accompagnait son frère aîné aux entraînements de la St John's Academy à Hyderabad, un terrain chargé d'histoire. Les entraîneurs ont très tôt remarqué sa coordination œil-main, mais la confiance est venue plus tard. Il se souvient avoir eu peur d'ouvrir la batte jusqu'à ce qu'un siècle marqué à neuf ans le convainque du contraire.
Le cricket chez les jeunes a été source d'autant de frustration que de progrès. Il y a eu de belles performances chez les moins de 16 ans, des rôles de leader et des passages à l'Académie nationale de cricket de la BCCI, mais aussi des sélections manquées et une année blanche à cause du Covid qui a anéanti sa saison chez les moins de 19 ans. Pour sa dernière année d'éligibilité, il a de nouveau été écarté. « Jouer pour l'équipe indienne des moins de 19 ans était mon rêve », a-t-il confié, se remémorant sa déception. Sa réaction a été instinctive plutôt que dramatique. Le jour où il n'a pas été sélectionné, il est allé directement à l'entraînement. Son père lui a rappelé que les carrières ne dépendent pas d'une seule porte qui se ferme, mais de la capacité à saisir la moindre opportunité.
Une réinitialisation intérieure qui a mené aux Rajasthan Royals
Bien qu'Aman ait déjà fait ses débuts en T20 pour Hyderabad en décembre 2024, lorsque les règles de résidence le permettaient brièvement, son retour après avoir obtenu la nationalité indienne lui a donné l'impression de « recommencer à zéro ». Cette fois, il n'y avait aucune exception, aucune zone grise, seulement le sentiment que tout reposait désormais sur ses performances. Il a disputé les dix matchs du Trophée Syed Mushtaq Ali en tant qu'ouvreur, marquant 234 points avec un taux de frappe supérieur à 160, mais les chiffres seuls ne reflétaient pas ce changement.
Le 12 décembre, face à Mumbai, Aman a littéralement pulvérisé Shardul Thakur en un seul over, frappant trois quatre et deux six pour lancer une poursuite bouclée en seulement 11.5 overs. Ses 52 points non marqués ont été télévisés, extraits, partagés et rediffusés jusqu'à faire le tour du monde. À l'insu d'Aman, parmi les spectateurs se trouvait Kumar Sangakkara, l'ancien capitaine du Sri Lanka et l'un des batteurs les plus techniques de sa génération, aujourd'hui un décideur clé des Rajasthan Royals. Sangakkara, au-delà de l'action spectaculaire, s'est intéressé à la méthode et a discrètement repéré le jeune ouvreur. Lorsque le nom d'Aman a été proposé lors de la vente aux enchères de l'IPL, les Rajasthan Royals ont été la seule franchise à enchérir, le signant pour 30 lakhs de roupies.
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Du doute à la validation
En octobre 2025 encore, au début de la saison nationale, Aman peinait à concrétiser ses bons débuts en scores importants. En quête de conseils, il s'est tourné vers Tilak Varma, le batteur indien issu du même milieu du cricket à Hyderabad et qui comprenait la pression des attentes. Varma lui a fait part de ses propres expériences d'échec, des ajustements qu'il avait opérés et de la patience nécessaire pour traverser les périodes difficiles. Ces conversations, confie Aman, ont été un réconfort précieux à un moment où le doute s'installait.
Aman attribue à la pandémie le mérite d'avoir élargi son registre, apprenant à réaliser des coups en hauteur qu'il privilégiait auparavant au sol, sans pour autant renier ses fondamentaux. Admirateur déclaré de Kane Williamson et Sangakkara, il ne cherche pas à les imiter, mais est convaincu que leur approche est applicable à tous les formats. Désormais, fort d'une belle performance en championnat national, d'un contrat en poche pour l'IPL et avec une possible première participation au Ranji Trophy en perspective, il ne s'agit plus d'une réussite, mais d'une harmonie retrouvée. La décision concernant son passeport, qui a failli compromettre sa saison, apparaît aujourd'hui comme un signe avant-coureur. Avant même que ses performances ne décollent, Aman Rao avait déjà choisi sa place. Le reste, enfin, est en train de se mettre en place.
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